Sécurisation Foncière à Boukoumbé : Une Formation Cruciale pour les Jeunes Agripreneurs

Dans le cadre du projet EJASA, la commune de Boukoumbé a accueilli, du 23 au 25 janvier 2025, une formation intensive sur l’accès et la sécurisation foncière. Organisée par YILAA en partenariat avec EJASA-SNV, cette session a rassemblé 30 participants – 14 femmes et 16 hommes – désireux de mieux comprendre et maîtriser les procédures foncières. À travers des modules interactifs et des consultations individualisées, les jeunes agripreneurs ont identifié les défis spécifiques auxquels ils font face et exploré des solutions adaptées pour une gestion durable des terres. Cette initiative marque une avancée majeure dans la lutte pour l’autonomisation foncière, notamment des femmes, et ouvre la voie à des actions concrètes pour renforcer leurs droits et leur rôle dans le développement agricole local.

Rédiger par Gloire AMANH

L’accès sécurisé à la terre constitue un enjeu crucial pour le développement rural au Bénin. À Boukoumbé, une commune du nord-ouest du pays, les défis fonciers sont particulièrement marqués, notamment pour les femmes, qui jouent un rôle essentiel dans l’agriculture. Cependant, elles se heurtent à des barrières culturelles et juridiques qui limitent leur accès à la propriété foncière. Face à cette problématique, le Youth Initiative for Land in Africa (YILAA), en collaboration avec EJASA-SNV, a organisé une formation intensive sur l’accès et la sécurisation foncière. Cette session, qui s’est tenue du 23 au 25 janvier 2025 à l’Hôtel TINA, a rassemblé 30 participants, dont 14 femmes et 16 hommes, tous jeunes agripreneurs engagés dans le projet EJASA.

Cette initiative vise à outiller les jeunes sur les questions d’accès à la terre et de prévention des conflits fonciers. À travers des modules interactifs, les participants ont acquis des connaissances essentielles pour comprendre le Code foncier et domanial au Bénin, maîtriser les procédures d’accès et de sécurisation foncière, et apprendre les meilleures approches pour le règlement des litiges fonciers. L’un des moments marquants de cette formation a été l’intervention de Mme Tchobo Aurelle, qui a expliqué en détail les démarches administratives à suivre pour sécuriser une propriété foncière et les erreurs à éviter.

Les trois jours de formation ont été rythmés par des études de cas pratiques, des travaux de groupe et des échanges en plénière. Ces différentes approches ont permis aux participants d’identifier et d’analyser leurs propres défis fonciers, tout en bénéficiant des conseils des formateurs et des autres participants. La formation a également mis un accent particulier sur la situation des femmes agripreneures, qui sont souvent confrontées à des discriminations dans l’accès à la terre. Il a été souligné que malgré leur implication majeure dans la production agricole et la gestion des exploitations, leur droit à la propriété reste limité par des traditions patriarcales profondément enracinées.

Un autre aspect clé de la formation a été les consultations individuelles menées par les formateurs. Chaque participant a pu exposer ses préoccupations spécifiques et recevoir des recommandations adaptées à son contexte. Ces consultations ont permis de documenter plusieurs problématiques récurrentes : le refus d’héritage foncier aux femmes, les difficultés d’enregistrement des terres, et les conflits liés aux migrations saisonnières des hommes, qui laissent les exploitations sous la responsabilité des femmes sans qu’elles aient de véritables droits de propriété.

À l’issue de cette formation, les résultats sont très encourageants. Une évaluation finale a révélé que 97% des participants ont jugé la formation très satisfaisante, notamment en termes de qualité des enseignements et d’impact sur leurs connaissances. Les participants ont également salué l’aspect pratique et inclusif de la formation, qui leur a permis d’acquérir des outils concrets pour mieux sécuriser leurs terres et prévenir les conflits fonciers.

Cette formation représente un pas important vers un changement durable à Boukoumbé. En renforçant les capacités des jeunes agripreneurs, elle contribue non seulement à une gestion plus apaisée des terres agricoles, mais aussi à une meilleure reconnaissance des droits fonciers des femmes. À travers des initiatives similaires, Boukoumbé pourrait devenir un modèle inspirant pour d’autres régions du Bénin, prouvant ainsi que l’égalité d’accès à la terre est un levier essentiel pour le développement rural et la prospérité des communautés locales.

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Gloire AMANH
Author: Gloire AMANH



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