- 9 septembre 2026
- Envoyé par : LA REDACTION
- Catégorie : Benin, BLOG
Etude Réalisée par YILAA et Université LAVAL du Canada
En Afrique subsaharienne, les systèmes fonciers traversent des mutations rapides. Sécuriser les droits d’accès à la terre, rendre les procédures transparentes et inclure les acteurs locaux : ces enjeux prennent aujourd’hui une dimension résolument stratégique. Le Bénin n’échappe pas à cette réalité. Malgré des réformes engagées depuis plusieurs années, la gouvernance foncière du pays reste fragilisée par une insécurité persistante, des conflits récurrents et un accès limité à des données fiables.
Par la Cellule de Comm. YILAA
Dans ce paysage, un constat interpelle : les jeunes, pourtant majoritaires dans la population et reconnus comme porteurs d’innovation demeurent largement absents des processus décisionnels liés à la terre. Parallèlement, les technologies numériques ouvrent des perspectives prometteuses pour moderniser la gestion foncière, mais leur adoption reste, elle aussi, en retrait.
C’est pour éclairer ces tensions qu’une recherche a été menée en partenariat avec l’organisation Youth Initiative for Land in Africa (YILAA) et l’Université Laval. L’objectif : comprendre comment s’articulent implication des jeunes, gouvernance foncière et intégration du numérique au Bénin.
Une méthodologie ancrée sur le terrain
L’étude combine analyse documentaire, enquêtes de terrain et entretiens semi-structurés menés auprès de jeunes engagés ou non dans les questions foncières ainsi que de décideurs, dans les départements de l’Ouémé et de la Donga. Une analyse thématique a permis de dégager les profils de jeunes concernés, d’identifier les freins à leur participation et de saisir les dynamiques d’appropriation des outils fonciers numériques.
Ce que révèlent les résultats
Trois constats structurent les conclusions de cette recherche :
- Un vivier sous-exploité. Les jeunes béninois ne forment pas un groupe homogène : l’étude met en évidence une typologie différenciée de profils, révélant un potentiel important encore largement inexploité.
- La formation, premier frein. Le manque de formation ressort comme l’obstacle principal à l’implication des jeunes et à l’usage des technologies foncières, renforcé par des contraintes économiques, infrastructurelles et institutionnelles.
- Des outils encore basiques. Smartphones et GPS dominent les usages actuels, tandis que les systèmes plus avancés comme les SIG restent peu mobilisés, malgré leur intérêt pour une gestion foncière plus précise.
Vers une gouvernance foncière plus inclusive
L’ensemble de ces analyses converge vers un même message : le potentiel d’appropriation des technologies numériques par les jeunes est réel, à condition de renforcer les capacités, d’améliorer l’accès aux ressources et de construire un environnement institutionnel plus inclusif.
Ce projet plaide ainsi pour une gouvernance foncière participative, appuyée par des outils numériques adaptés, capable de renforcer la transparence, de réduire les conflits et de faciliter un accès plus équitable à la terre pour les jeunes générations au Bénin.
Une figure récapitulative des principaux résultats de l’étude est disponible pour approfondir ces conclusions.

