- 17 juin 2023
- Envoyé par : LA REDACTION
- Catégorie : Benin, BLOG, International
Rapporteur : Dossou Donald
La désertification est un problème mondial, qui affecte la sécurité écologique de la planète, l’élimination de la pauvreté, la stabilité socioéconomique et le développement durable. La désertification n’est pas un phénomène des temps modernes, cependant de nos jours le rythme de dégradation des terres est estimé à 30 à 35 fois le taux historique et à plus d’incidence sur les femmes. C’est pourquoi cette célébration de la journée mondiale de lutte contre la désertification est une occasion pour renforcer la capacité des jeunes filles et femmes sur leur droits fonciers puis leur montrer quelques innovations agricoles pour promouvoir le reboisement afin de lutter contre la désertification. Ainsi, une formation a été initiée au profit de toutes les organisations et associations partenaires ou non de YILAA qui auront l’occasion d’interagir en présentiel et seront amenées à partager des expériences et développer des synergies d’actions.
La célébration de la journée porte sur le thème « Femme : sa terre, ses droits ». Il a eu lieu le samedi 17 juin 2023, et s’est déroulée au centre « Labs-Gv, Cadjehoun, rue de l’aéroport en face du super marché BSS » de Cotonou. Cet atelier de formation a regroupé les filles et femmes de diverses Organisations Non Gouvernementales et associations du Bénin, soit 40 participantes avec différents formateurs de profils diversifiés formant ainsi, l’équipe de formateur. Le rapport se présente comme suit :
I. L’ouverture de la formation
Elle s’est déroulée en plusieurs étapes :
- La présentation des participantes
A l’entame de la formation, Monsieur Carin KARE, le chargé de projet de JVE Bénin a invité les participantes à se présenter. Il a ensuite énumérerer les règles de conduite lors de la formation ainsi que la présentation de l’agenda de ladite formation avant de passer la parole au coordinateur de YILAA Monsieur Innocent Antoine HOUEDJI.
Dans son allocution d’ouverture, le fondateur et Coordinateur de YILAA, Innocent Antoine HOUEDJI a remercié toutes les personnes et tous les acteurs qui ont contribué à ce que l’activité ait lieu et à sa réussite. Il a par la suite adressé ses remerciements aux participantes. Il a opiné sur le profil des formateurs en justifiant leur choix par la ferme résolution de maintenir le pont entre l’ancienne et la nouvelle génération. « C’est au bout de l’ancienne corde que nous allons tisser la nouvelle », a-t-il déclaré. Pour ce dernier, la proportion des femmes dans la démographie du Bénin est une chance, une opportunité pour le pays. C’est pourquoi, il a estimé qu’un grand
nombre d’initiatives devaient être orientées vers leur formation, vers le renforcement de leurs capacités. A l’en croire, non seulement les femmes jouent un grand rôle dans la lutte contre la désertification mais leur autonomie est un facteur important pour l’atteinte de la sécurité alimentaire.
Le renforcement des capacités des 40 femmes rentre donc dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la désertification « Il faut que nous puissions marquer cette célébration », a-t-il affirmé. Il est revenu sur le privilège pour les participantes à la formation d’avoir été sélectionnées car « sur 217 candidatures reçues en trois jours, elles sont les heureuses bénéficiaires de la formation », fera-t-il remarquer.
A sa suite, Monsieur Charles BALOGOUN, représentant de l’Afrique au sein du panel des ONG accréditées sous la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (CNLCD/UNCCD) mais aussi le chair panel, c’est-à-dire le Président du panel des cinq personnalités qui représentent les 750 ONG dans le monde, a exprimé toute sa joie de participer au lancement officiel de ladite formation. Il a également rémercié le Coordonnateur International Innocent Antoine HOUEDJI pour le rôle capital qu’il a joué pour son élection, montrant ainsi l’importance et l’utilité du réseautage et de la synergie d’actions. « Il a été un soutien très fort pour ma campagne et jusqu’aujourd’hui, c’est main dans la main que nous travaillons », a-t-il déclaré. Il a promis travailler pour que plus d’organisations de la société civile béninoise soient reconnus aux Nations Unies car il y a seulement pour l’instant que neuf ONG béninoises qui sont accrédités auprès de la convention des Nations Unies.
Dans son allocution, il a ensuite rappelé d’où sont partis les concepts, théories et thématiques sur les changements climatiques, le Développement Durable, etc. Pour lui, tout est parti de la Suède où les Nations Unies ont organisé en 1972 un sommet sur la terre. Puis est venu le sommet de Rio en 1992, vingt ans après. C’est de là qu’est parti, à l’en croire, les trois conventions sur le changement climatique, la lutte contre la désertification et la biodiversité. La terre mérite, selon lui, qu’on s’y penche comme cela l’est aussi pour les changements climatiques. En homme de terrain, il a pu se rendre à l’évidence que l’un des problèmes qui favorise la désertification, c’est le problème énergétique. Il a donc plaidé pour le partage d’expérience et de solutions pratiques pour la restauration des terres dégradées de même que pour la mise en œuvre de projets concrets pour la valorisation des terres arables.
Puis s’en est suivi le lancement officiel de la formation par ce dernier.
II. Le déroulement de la formation
Le déroulement de la formation suivra les étapes suivantes : 1. Les objectifs de la formation ; 2. Les résultats atteints ; 3. Le Résumé des communications et du partage d’expériences et opportunités, 4. La méthodologie ; 5. L’agenda de la formation.
1. Objectif de la formation
La formation a eu pour objectif global de former les jeunes filles et femmes autour des questions foncières et le genre ainsi que les stratégies de lutte contre les effets de la désertification et de créer un espace d’échanges à toutes les organisations et associations du Bénin afin de favoriser le partage d’expériences, d’opportunités et le réseautage.
De manière spécifique, la formation a permis de :
- se familiariser avec les droits fonciers des femmes au Benin ;
- apprendre des techniques agricoles pour promouvoir le reboisement ;
- d’apprendre quelques techniques d’accès des femmes aux terres rurales.
2. Résultats atteints
La formation a permis d’atteindre les résultats ci-après :
- les jeunes filles et femmes sont familiarisées avec les droits fonciers des femmes au Benin ;
- les participantes ont une forte connaissance des techniques agricoles pour promouvoir le reboisement ;
- les connaissance des participantes ont été renforcer autour des techniques d’accès des femmes aux terres rurales.
3. Le résumé des communications et du partage d’expériences et opportunités
Au total, trois (03) communications ont marqué la formation.
- Formation I (Droits fonciers des femmes au Benin)
- Elle a été faite par Dr Charlotte ALLE, Expert Foncier et Genre, enseignante chercheuse es socio-anthropologue, diplômée en 2002 de la Faculté des Sciences Sociales et Humaines (FASHS) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). Au cours de sa présentation, elle a abordé les notions liées aux droits fonciers des femmes au Benin, les mécanismes d’accès des femmes à la terre (rurale) ainsi que quelques techniques agricoles pour promouvoir le reboisement.
Ainsi, les femmes jouent un rôle vital dans la gestion des terres et des ressources naturelles. Elles sont souvent responsables de l’agriculture et de l’élevage, et elles ont une connaissance profonde de leur environnement. Cependant, elles sont souvent
confrontées à des discriminations et à des obstacles qui limitent leur accès et leur contrôle sur les terres. Cela a des conséquences néfastes sur leur autonomie économique et leur capacité à contribuer efficacement à la lutte contre la désertification et la sécheresse. On retient que les femmes jouent le rôle de moteur du développement et subissent plus les effets de la désertification. De même, elle a expliqué dans son développement que de nombreux succès seront atteints grâce à la mise en place de tontines ou de systèmes de micro-crédit pour les femmes pour faciliter leur l’accès à la terre démontrent leur fiabilité et leur sens des responsabilités économiques et sociales. Elle a également démontré que les femmes ne peuvent avoir ce rôle positif dans le champ économique et social que si elles jouissent de leurs droits fonciers surtout en milieu rural. Aussi, elle a aussi permis aux participantes que la reconnaissance des droits des femmes va de pair avec une plus grande autonomie économique et sociale et la paix sociale et que les femmes doivent se mobiliser à travers les associations de promotion féminine pour faire valoir leurs droits fonciers afin d’améliorer leurs conditions de vie.
- Formation II (Techniques agricoles pour promouvoir le reboisement)
- Elle a été faite par le Colonel Désiré Ogou HOUNGBO, Colonel des Eaux et Forêt à la retraite, il est un Sylviculteur et Expert Aménagiste Forestier et cumule plusieurs années d’expériences pratiques en foresterie. Sa présentation s’est déroulée autour de plusieurs ponts tels que : la présentation de quelques notions liées à la désertification, les causes de la désertification au Bénin, les conséquences de la désertification sur les populations et le pays ainsi que le climat.
Il est également crucial de renforcer les capacités des femmes en matière de gestion des terres et de développement durable. Les formations et les programmes spécifiquement conçus pour les femmes peuvent les aider à acquérir les compétences nécessaires pour adopter des pratiques agricoles durables, gérer les ressources en eau de manière efficiente et mettre en œuvre des stratégies de prévention de la désertification.
- Formation III (Techniques d’accès des femmes aux terres rurales)
Présentée parMonsieur Innocent Antoine HOUEDJI, Fondateur et coordinateur de Youth Initiative for Land in Africa (YILAA). Cette communication a permis de prendre connaissance des actions menées par YILAA pour l’amélioration de la résilience socio-économique des femmes face aux effets néfastes des changements climatiques ainsi que des différents
mécanismes et modes d’accès des jeunes filles et femmes au foncier rural. Cette accessibilité passe par des modes telles que : le bail, la donation, l’achat etc.
- Synthèse des interventions et du partage d’expérience des participantes
On peut retenir beaucoup d’intérêt pour les communications marquées par des interventions, questions et partages des expériences. Ceux-ci tournaient des changements apportés par les alternatives aux changements climatiques pour les droits des femmes (autonomisation ou résilience) ; la pratique de l’utilisation du biogaz ; le reboisement intensif. S’en est suivi des discussions générales au cours desquelles des groupes ont été formés pour approfondir les réflexions sur les acquis de la formation et proposer des solutions pour l’accès des femmes à la terre. La mise en terre de quelques plants d’arbres et la remise des attestations, y compris la photo de famille, pour immortaliser l’événement, ont mis un terme à cette célébration de la journée internationale de lutte contre la désertification.
Quelques recommandations :
- Chaque participant doit restituer les travaux au sein de son organisation ;
- Renforcer la vulgarisation des textes de lois sur l’accès des jeunes au foncier ;
- Mettre en place des projets agricoles facilitant l’accès des jeunes filles aux terres ;
- Pérenniser cette formation pour faire profiter d’autres jeunes filles








