- 17 octobre 2022
- Envoyé par : LA REDACTION
- Catégorie : BLOG, CIGOFA / ICYLAGA, RDC
Redaction: Samuel Kangheni, YILAA RD-Congo – Relecture et correction: Georges Gambadatoun, Innocent Antoine HOUEDJI et YILAA Team
Dans le Cadre de la Troisième Conférence Internationale sur la Gouvernance Foncière au profit des Jeunes en Afrique (CIGOFA3)

Copyrights: Borduas G.
En 1988, ma famille eut connu une situation tragique. Pendant qu’on se préparait à célébrer la fête chrétienne des pâques, un événement ignoble se produisit dans ma famille. Des hommes armés débarquèrent dans mon village, dans la case de mon père, ils le prirent et le tuèrent. Ce jeune chef de village, mon père, n’avait que 35 ans lorsqu’il a été cruellement arraché de cette terre. Etant le 4ème né, à la mort de mon père je venais d’avoir à peine 18 mois. Cette tragédie ne m’a pas accordé la chance de le connaitre, néanmoins la cruauté de cet évènement, est restée graver non seulement dans ma mémoire et plus dure encore, elle a affecté négativement la vie quotidienne de ma famille qui est devenue mono parentale. Ne supportant pas le cours des événements, la situation sécuritaire devenant aussi de plus en plus chaotique, nous avons fui notre village, ce bon village que ma famille chérissait tant, laissant derrière nous nos terres et toute notre richesse agricole. Ça a été particulièrement difficile pour notre mère qui est devenu veuve trop jeune à 26 ans et devait s’occuper de plus de cinq orphelins ; étant obligée à combiner son rôle de mère et celui de son défunt mari pour subvenir aux besoins de son ménage en refuge suite à cet événement tragique.
Mon cas n’est pas isolé, cette tragédie est vécue régulièrement dans la région africaine des grands lacs particulièrement dans la partie Est de la RDC où, la faiblesse de l’autorité de l’État facilite l’émergence des groupes armés qui s’accaparent de ses importantes ressources naturelles (ressources minières, faunes et flore) et les terres arables pour renforcer leur capacité de nuisance au détriment des communautés locales et peuples autochtones dont la majorité est jeune.
Jeunes et conflit dans la région de grands lacs.

Copyrights: Borduas G.
Les jeunes sont doublement affectés par l’insécurité émanant des multiples conflits et la destruction de la cohabitation pacifique dans la partie Est de la RDC. D’une part ils sont victimes des activités des groupes armés et milices qui les obligent d’intégrer leurs rangs. Ceux qui n’obtempèrent pas sont, par peur de représailles forcés de fuir leurs villages pour se retrouver dans des cas de déplacés, dans des familles d’accueil…Ce qui constitue une immobilisation d’une main d’œuvre importante pour le développement. Et d’autres part, en intégrant les groupes armés ou en les créant, ils deviennent auteurs/acteurs des violations des droits humains et constituent ainsi un instrument de déstabilisation de la région et des communautés entières.
La résolution 2250 du conseil de sécurité sur la « jeunesse et la paix »
27 ans après l’assassinat de mon défunt père, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 2250 en date du 9 décembre 2015. Cette résolution est une avancée significative vers un monde pacifique qui met l’accent sur l’éducation à la paix pour les jeunes. Un instrument qui promeut les droits humains, la participation active des jeunes aux efforts de paix et de sécurité en prévenant les violences à l’égard des jeunes et l’utilisation de ces derniers comme acteurs de violences. Sa vulgarisation auprès de toutes les générations et le plaidoyer auprès des Etats pour qu’ils développent les instruments de sa mise en œuvre contribuerait à l’avènement d’un monde de paix et de sécurité où les jeunes contribuent au développement social et économique.
YILAA, pour la participation effective de la jeunesse à notre future.

Copyrights: Borduas G.
Dans la région de grands lacs les interventions de YILAA se fondent aussi sur la résolution 2250, en faisant de la promotion des droits fonciers des jeunes, un cheval de bailles pour la stabilisation et la paix. En RDC, mon pays, YILAA, dans le cadre du processus de la réforme foncière en cours a développé les actions autour de la réforme foncière adoptée en novembre dernier et poursuit cet accompagnement pour la production de la loi foncière intégrant les besoins des jeunes. Les jeunes à travers YILAA sont convaincus que leur participation à la recherche de la paix grâce à la promotion de leurs droits fonciers par le biais d’une gouvernance foncière inclusive constitue un levier qui leur permettra d’obtenir la paix, et construire un développement durable.
Ainsi, nous exigeons une gouvernance foncière inclusive tenant compte des besoins spécifiques de jeunes, en mettant au centre de l’action la promotion de la sécurité pour une paix durable.


C’est vraiment crucial de trouver des solutions aux conflits qui guettent l’Afrique.
Les jeunes et les générations futures sacrifiés.
Yilaa a vraiment sa raison d’exister. Faisons entendre nos voix.
Kizimini Miriane Communication Yilaa/RDC.
Malheureusement cette région demeure l’une des plus instables au monde. La jeunesse doit se réveiller, adopter un comportement positif et non passif pour inverser cette tendance.
Très touchant de voir comment les villages se vident, les villes se remplissent, les emplois diminuent, l’Etat s’affaiblit, le déséquilibre se constate, l’insécurité s’installe, la jeunesse sacrifiée !!!
Saisissons l’opportunité de promouvoir les droits fonciers des jeunes et l’accès aux ressources afin d’accroître la productivité de nos villages et corriger les erreurs passées.