Yilaa découvre les réalités d’accès des jeunes au foncier rural dans le Borgou (Nord du Benin)

Les difficultés que rencontrent les jeunes quant à leur accès au foncier ne sont pas les mêmes selon que l’on soit dans une région ou une autre. Certes, il y a un problème d’ordre général, celui de l’accès des jeunes à la terre. Mais, les problèmes spécifiques que ces jeunes rencontrent, les pratiques et comportements qui leur font obstacles et qui favorisent de plus en plus l’inaccessibilité des terres, peuvent être différents d’un milieu à un autre. Bien sûr, il en est de même pour les bonnes pratiques. Dans le département du Borgou, au Nord du Bénin, Yilaa découvre quelques réalités.

Quelques jeunes du Borgou parlent de leur accès à la terre

L’étude sur les conditions, mécanismes et stratégies de promotion de l’accès des jeunes au foncier rural dans le Borgou, commanditée par la GIZ et dont YILAA a la charge, a été lancée depuis quelques jours. L’enquête menée dans le cadre de cette étude a permis aux différentes personnes interviewées de s’exprimer sur les pratiques foncières de la région.

A Bembèrèkè par exemple, alors que les uns louent les efforts d’un roi qui a mis à la disposition des jeunes ses terres pour leur permettre de cultiver, les autres se plaignent de la situation qui prévaut dans leurs zones. Selon les témoignages de l’un des jeunes de la région Est de Bembèrèkè, toute cette zone, des espaces habités jusqu’aux champs, appartient à une famille qui y a tous les droits. A en croire leurs témoignages, les occupants de terres dans cette partie de la ville peuvent se voir retirer leurs parcelles à tout moment par cette famille. Il suffit que survienne une mésentente.

Dans le même temps, d’autres ont des difficultés à accéder même aux terres qui appartiennent à leurs parents. C’est le cas d’un jeune homme dont la mère a hérité de deux hectares de son défunt père. Mais malgré la demande instante de ses enfants d’utiliser ces terres pour la production de biens, elle oppose un refus catégorique tout en avançant que ces terres ne leur appartiennent pas. Au contraire, elle a préféré les vendre. Selon le jeune en question, cela a créé une tension entre la mère et ses enfants au point où ils ne se saluent même plus. La famille ainsi que les autorités traditionnelles sont intervenues, mais rien n’a pu être fait pour réparer le tir.

Qu’en est-il des femmes ?

Si la question de l’accès des jeunes au foncier mérite d’être traitée dans sa généralité, il n’en demeure pas moins que les femmes méritent une attention particulière en raison de leur cas particulier. Cela se justifie d’ailleurs lorsqu’on écoute Léa, une jeune femme de Bouanri sur les pratiques de chez elle. Léa est née dans une famille polygame où il y a plus de garçons du côté d’une mère que de l’autre. En se référant au propos de ses demi-frères, elle affirme qu’elle sait ne pas avoir droit aux terres. Elle a accepté la situation, car elle n’a, selon elle, aucun moyen de se battre. C’est pareil pour ses deux sœurs. Si on croit Léa sur parole, ses demi-frères ont l’habitude d’affirmer que « les femmes n’ont droit à rien. » Très choquant, n’est-ce pas ? Toutes les femmes peuvent-elles accepter cette situation ?

Que retenir ?

Tous ces jeunes, hommes et femmes, semblent n’avoir aucune connaissance réelle des textes qui les protègent. Ils ne savent pas qu’ils peuvent se battre de différentes manières pour défendre leurs droits. Les femmes en l’occurrence ne connaissent que les règlent coutumières qui soutiennent que les femmes n’ont pas droit aux terres. Et même celles qui veulent se défendre ont trop peur pour le faire.

Bref, les difficultés sont nombreuses et de divers ordres. C’est le moment pour l’Etat, les organisations de la société civile, les partenaires, etc. d’intervenir en faveur des jeunes et des femmes dans le département du Borgou.

LA REDACTION
Author: LA REDACTION



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