Tirer parti de l’élan pour les droits fonciers des femmes : retour sur l’atelier de Berlin

Les 20 et 21 juin 2024, à Berlin, s’est tenu un atelier international organisé par TMG Research, la Robert Bosch Stiftung, et les secrétariats des trois Conventions de Rio (CNULD, CCNUCC et UNCBD). Cet événement, qui a rassemblé une cinquantaine de participants, s’inscrivait dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse.

L’objectif principal ? Mettre en avant les droits fonciers des femmes comme pierre angulaire de la réalisation des objectifs climatiques, de biodiversité et de lutte contre la désertification.

 Pourquoi cet atelier était important

La terre est le fil conducteur des Conventions de Rio. Qu’il s’agisse de restaurer les terres, de préserver la biodiversité ou de s’adapter au changement climatique, tout converge vers une meilleure gouvernance foncière. Or, ce sont souvent les femmes au niveau local qui portent ces actions. Pourtant, leurs droits à la terre restent fragiles.

Cet atelier avait pour ambition de :

  • Identifier des synergies entre les Conventions pour renforcer la reconnaissance des droits fonciers des femmes.
  • Donner plus de place aux organisations locales dans les débats internationaux.
  • Poser les bases d’une initiative collective et durable pour que les droits fonciers des femmes soient mieux intégrés dans les politiques nationales et mondiales.

 Des exemples inspirants du terrain

Les discussions ont mis en lumière des initiatives locales puissantes :

  • Women Land Link Africa (WLLA), un réseau actif dans 45 pays qui amplifie la voix des femmes et relie le local au global.
  • Shibuye Community Health Workers, une organisation communautaire qui, en liant santé, sécurité alimentaire et droits fonciers, propose des solutions concrètes pour sécuriser l’accès des femmes à la terre.

Ces exemples illustrent une vérité simple : les solutions existent déjà sur le terrain, il faut désormais leur donner plus de reconnaissance, de ressources et d’espace d’expression.

 Les points saillants de l’atelier

  • Enracinement des actions locales : impliquer les femmes à la base ne suffit pas, il faut institutionnaliser leur rôle et leur offrir un réel pouvoir de décision.
  • Synergies entre Conventions : coordonner les efforts et harmoniser les indicateurs sur les droits fonciers peut réduire les coûts et maximiser l’impact.
  • Financement : les mécanismes actuels (comme le FEM/GEF) doivent être repensés pour être accessibles aux organisations locales de femmes.
  • Théorie du changement : Landesa a présenté un premier cadre reliant concrètement les droits fonciers des femmes aux objectifs des Conventions de Rio.

 Et après ?

Les participants ont appelé à :

  • Institutionnaliser les droits fonciers des femmes dans les discussions des COP.
  • Créer des espaces de dialogue réguliers entre points focaux nationaux et organisations locales.
  • Mobiliser des financements innovants (fonds décentralisés, philanthropie, coalitions).
  • Maintenir l’élan par un réseau actif, des plateformes de collaboration en ligne et des ateliers réguliers.

 Conclusion

L’atelier de Berlin a confirmé une évidence : sans les femmes, pas de durabilité. Leurs droits fonciers doivent être au cœur des stratégies climatiques, de biodiversité et de lutte contre la désertification.

Chez YILAA, nous croyons fermement que l’avenir de la gouvernance foncière passe par la jeunesse, la technologie et l’inclusion des femmes. C’est pourquoi nous continuerons à travailler avec nos partenaires pour amplifier ces voix, connecter le local au global, et transformer les engagements en actions.

Lire tout sur l’atelier de Berlin ici ou télécharger le rapport complet

Godwin TADOUDJE
Author: Godwin TADOUDJE



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